MEDS ADDICTION

1. Meds - 2'54

Brian : La version originale de Meds était très différente de celle que nous avons enregistrée. Je l'ai écrite durant mon séjour en Inde, comme Song to say goodbye. Meds parle de la perte de soi-même, de ne pas se reconnaître. On se sent perdu, désespéré, et l'on ne sait plus ce que l'on pense, ce que l'on ressent réellement. C'est un sentiment très perturbant, pour moi comme pour tout le monde, et j'ai voulu l'exprimer. Je suis content que ce soit le morceau d'ouverture de l'album, c'est la 1ère fois qu'un disque de Placebo commence sur un accord accoustique.


RockMag : Un accord qui rappelle d'ailleurs l'intro d'Every you Every Me...

Brian : Il y a une connexion, oui. Stefan a écrit Every You Every Me et j'ai écrit Meds. Ce mec m'inspire !


VV de Kills pose sur ce morceau. Comment ça s'est fait ?

Brian : Je connais Jamie (Hotel, ndlr) depuis 16 ans. Quand on a écrit Meds, on a pensé qu'une voix féminine en plus serait une bonne idée. C'est là que Dimitri (Tikovoï, ndlr) a proposé Alison. Sa voix est bandante comme du Viagra. Elle vient d'un autre monde. Quand on s'asseyait dans le studio pour l'écouter faire ses vocaux, tous les mecs du studio avaient la gaule ! Les Kills sont un groupe incroyable. On a même vu Jamie dans beaucoup de groupes, on a même joué avec certains d'entre eux... Mais les Kills !... C'est un triomphe musical. Un des meilleurs groupes de rock moderne.

Stefan : On allait voir son trio, Scarfo, avant de commencer Placebo... On restait déjà scotchés à l'époque.

Brian : On a vu Jamie jouer, et Steve aussi, quand il était dans Breed.

Stefan : C'est là qu'on s'est dit que nous aussi on pouvait le faire !


Quel est votre titre préféré des Kills ?

Tous : Fried My Little Brain !

Steve : Je préfère les Kills aux White Stripes

Brian : Ouais moi aussi !

Steve : (à Brian) Tu te souviens du squat ? C'était grandiose...

Brian : Carrément. On était avec Steve en Allemagne, dans cette espèce de squat, pour voir les Kills. A un moment, on s'est regardés et on s'est dit : "Putain, on croirait le Velvet". C'était incoyable. En tant que musicien, tu vois beaucoup de concerts. Tu gardes un oeil critique dessus et tu es souvent déçu. Cette fois-là, c'était plutôt "Voilà pourquoi on fait du rock. Ca, c'est du vrai."

Steve : Du rock pur.

Brian : Andy Warhol serait fier !


2. Infra-Red - 3'14

Brian : C'est un morceau à propos de revanche. Beaucoup de titres de l'album parlent d'alcool et de là où il t'emporte quand tu en abuses. Quand tu bois, tu te sens souvent très revenchard par rapport à ceux qui t'ont manipulé dans ta vie. Tu développes alors le désir de vengeance dont Infra-Red parle. Sur ce titre, j'ai été vocalement très inspiré par Bob Dylan, celui des débuts. A certains moments, j'en fais une imitation (il se met à chanter) "There's gonna beeeee an aaacciideeeent ! (Rires) Ce sera peut être notre 2ème single.


3. Drag - 3'20

Brian : A un moment de am vie, j'ai arrêté d'écrire à la guitare pour essayer de m'améliorer au piano. J'ai toujours du mal à bien en jouer, d'ailleurs, mais Drag est né comme ça. Je venais juste de tomber amoureux et je voulais écrire quelque chose qui parle de se sentir inférieur à quelqu'un. Quand tu tombes amoureux, tu vois l'autre au-dessus de toi... "I'll always be in your shadow, you're wonderful (je serais toujours dans ton ombre, tu es merveilleuse)". Tu trouves la personne que tu aimes parfaite et tu te sens comme le seul bout de merde sur sa chaussure. C'est aussi le seul morceau de Placebo qui mentionne la Seine ! Son titre de travail était Across The Seine.


4. Space Monkey - 3'51

Brian : Steve ? Je sais comment tu te sens à propos de celle-là...

Steve : C'est un modern classic. (Rires) Space Monkey était un des 1ers trucs que nous ayons écrits au début de Sleeping With Ghosts. On avait décidé de laisser tomber les guitares, de devenir Kraftwerk. On avait une batterie élctronique et des claviers.

Brian : Sur Sleeping With Ghosts, on voulait laisser tomber les guitares. Sur celui-là, c'est le contraire : on encule Kraftwerk et on retourne au rock.

Steve : Et donc, on bricolait depuis 3 jours et le 4ème, le management se pointe et nous fait "Alors ? Vous avez quoi ?" Là, on leur explique qu'on vient de commencer, qu'on en est encore au stade du n'importe quoi et qu'ils viennent trop tôt. Il snous demandent de jouer quand même quelque chose. On leur fait Space Monkey. Là, ils nous ont demandé ce qu'on était en train de branler. On leur a répondu que de toute façon, ils n'avaient rien à foutre ici aussi tôt.

Brian : A Londres, Dimitri se pointait aux sessions à vélo. Une fois on lui a pris, on l'a mis dans le studio avec une poubelle, un pied de clavier et des bouts de métal. Et Steve a joué là-dessus pendant 3 heures. A la fin, on avait notre Space Monkey. Ce mec n'est plus batteur, c'est un cycliste ! Ensuite, on a ajouté un vrai orchestre dessus. Ils sont venus au studio, ils ont joué, on les a filmés.


5. Follow The Cops Back Home - 4'39

Brian : Ce titre s'inspire de l'Islande. La 1ère fois que nous y sommes allés, c'était l'été, il y avait 24h de soleil par jour. On a calculé que 3% de la population était venue à notre concert, qui était pourtant petit. Personne ne vit là-bas. En roulant dans la campagne pour voir les volcans et les geysers, on ne voyait pas un flic. C'était trop bizarre ! A se demander ce que font les gens là-bas ! D'ailleurs, il y a 2 semaines, j'ai rencontré Sigur Ros. Ces mecs-là ont 25 ans et ont déjà des gamins de 7 ans. En voyant ça, je leur fais "Vous êtes dingues ? Ya à ce point rien à foutre en Islande ?" Ils me répondent "Non, c'est dailleurs pour ça qu'on baise et qu'on boit". Ce trip en Islande nous a inspirés, nous a fait penser à ce que tu fais quand tu vis dans un endroit comme le Luxembourg ou l'Islande où il n'y a rien à faire. La plupart du temps, tu cherches à faire le con. Au final, ce morceau, comme beaucoup d'autres sur l'album, parle d'alcool. Tu te bourres la gueule dans un bar, tu tombes sur un autre mec bourré, tu décides que c'est ton nouveau meilleur ami, et tout de suite, vous allez faire de conneries. Cette connerie, c'est de suivre les flics chez eux pour braquer leurs baraques. Après avoir écouté ça, si un mec se dit que c'est une idée cool, il mérite d'aller en taule. C'est le truc le plus débile qu'on puisse faire !


6. Post-Blue - 3'11

Brian : Ca parle d'alcool... (Rires) Non sérieusement, c'est un morceau à propos de dépendance, de la perte de soi-même, de comment une personne peut être ta raison de vivre. Elle devient ton échappatoire, la réponse à toutes tes questions. On a toujours écrit des chansons d'amour, mais pas à la Dave ou la C. Jérôme. Nos textes sont plus tordus. On parle d'amours impossibles, d'amours compliquées, d'amours déstructeurs. Aussi destructeurs que des drogues.


7. Because I Want You - 3'22

Brian : Ce sera notre 1er single au Royaume-Uni. Je préfère ne pas dire quoi que ce soit à son sujet, il suffit d'écouter les paroles, tout est expliqué dedans !


8. Blind - 4'01

Brian : C'est une chanson pour filles.

Stefan : Je l'ai écrite il y a 4 ans, comme Post Blue, quand on enregistrait nos reprises avec Dimitri. Les guitares sont accordées de la même manière sur les 2 morceaux. A l'époque, on ne voulait pas en faire des faces B, on a gardé l'enregistrement original pour cet album, avec juste des voix refaites et des overdubs en plus.


9. Pierrot The Clown - 4'21

Brian : Ca parle de relations destructrices, violentes. Après l'avoir écrite, j'ai réalisé qu'il pourrait aussi bien s'agir d'une relation familiale qu'amoureuse. Beaucoup de chansons - principalement country - parle de femmes frappées par leur mari. Au contraire, dans Pierrot the clown, la cible de cette violence est un homme. Un homme vulnérable, piégé dans une relation violente et destructrice. Le titre de ce morceau traduit mon obsession des clowns et ma passion du cirque. Au lycée, j'avais même pensé m'inscrire dans une école de clowns et en devenir un...

Stefan : (chambreur) C'est ce que tu fais !

Brian : (Rires) Mais heureusement pour tout le monde, j'ai été pris à l'université ! Quand j'étais petit garçon, j'allais au cirque. C'était une fête, mais une personne, Pierrot, y était toujours triste. Je ressentais de la compassion pour lui. Pierrot le clown, c'est aussi le rôle que Bowie joue dans sa vidéo d'Ashes To Ashes. C'est une image forte pour moi, avec laquelle je voulais exprimer comment on peut se sentir seul dans son couple, à quel point on peut se laisser battre physiquement et moralement par quelqu'un. Très gai, hein ?


10. Broken Promise - 4'10

Brian : L'idée de faire chanter ce morceau qui parle d'adultère par 2 hommes - moi et Michael Stipe en l'occurence - nous a plu... Le résultat est à mi-chemin entre Erik Satie et Metallica. (Rires) C'est putain de bizzare ! Ca commence par un piano, à la Satie, joué par Stefan, puis de grosses guitares, puis Satie, puis les guitares, c'est un truc de dingue !


Quels sont vos albums de R.E.M. préférés ?

Tous : Green et Lifes Rich Pageant


Et maintenant, avec qui rêveriez-vous de bosser dans le futur ?

Stefan : Beck ?

Brian : Marianne Faithfull...

Steve : PJ Harvey, Nick Cave...

Brian : Chuck D ! Non, Kylie Minogue !

Steve : Sting ?

Brian : Non. Pas Sting. Patti Smith !

Stefan : Sophie Calle ?

Brian : Ah oui, pourquoi pas ?


11. One Of A Kind - 3'20


Avec Because I Want You, c'est notre titre le plus récent. A la fin de l'enregistrement, le label nous a appelés au studio pour nous dire : "Ecrivez-nous des singles", et on leur a dit "Fuck you ! On va en studio et on écrit un truc avec la disto à 100%". On a obtenu One Of A Kind, et on ne sait d'ailleurs pas s'il sortira en simple. C'est étrange de s'asseoir en studio pour pondre un single. On voulait que ce titre soit poppy, et d'un côté c'est réussi, il y a une vibration tordue à la Pixies. Il parle d'avoir l'impression que l'on n'est pas à sa place dans le monde. Tu sais que tu en as une, mais elle ne te convient pas. Et en même temps, tu réalises que tu es unique, qu'il n'y a qu'un seul toi.


12. In The Cold Light Of Morning - 3'52

Brian : C'est un hommage musical à Leonard Cohen. Il parle de drogue, d'être camé à mort, un peu comme Pure Morning. Il est 7h du mat, tout le monde va bosser et toi, tu erres dans les rues. Tu rentres chez toi, tu te regardes dans la glace et tu te dis "Pourquoi je suis comme ça ? Je m'étais promis de ne jamais le refaire et me revoilà." Tu te sens marginal, à l'écart de la planète. Le reste du monde vit, fait son boulot, et toi, tu as été décadent et laxiste envers toi-même. Tu n'es pas heureux de cela, tu te regardes dans la glace et tu te dis : "Je te hais, je ne peux plus te supporter".


13. Song To Say Goodbye - 3'34

Brian : Le thème de Song To Say Goodbye est de ne garder que les meilleurs aspects de ta vie. C'est le 1er titre que j'ai écrit en Inde. J'étais allé là-bas pour beacoup de raisons, l'une d'entre elles étant d'essayer de changer mon style de vie. Je voulais me faire comprendre à moi-même que je ne devais pas devenir un cliché rock'n'roll et que le monde n'a pas besoin d'une autre rock star morte. Je l'ai écrite comme une lettre à moi-même.


ULTIMES PRESCRIPTIONS

1er single pour l'Angleterre, le clip de Because I want you a été tourné par Russel Thomas (qui avait déjà fait le DVD de Soulmates never die, Live in Paris 2003) au Koko Bar dans le quartier de Camden à Londres, devant 400 fans pour une ambiance 100% live. Apres les prises, le groupe a joué un mini-concert pour ceux qui avaient fait le déplacement, dont quleuqes-uns venus des Pays-Bas ou la France. Pour la toute 1ère fois, le trio a ainsi joué 4 titres du nouvel album (Meda, Drag, Song to say goodbye et One of a Kind) ainsi que Bitter end et Nancy Boy. Le clip pour le single français Song to say goodbye a quant à lui été réalisé par Philippe André, et reprend l'idée du film I Am Sam avec un enfant qui inverse les rôles avec son père, prend soin de lui et le conduit en voiture pour le confier finalement à 2 infirmières dans une sorte de maison de repos reculée. En parallèle de la vidéo déjà diffusée en TV, la sortie de l'album est également soutenue par une campagne SFR. L'opérateur proposant depuis le 27 février à ses abonnés 3G, 10 épisodes d'une série baptisée Inside Placebo qui montre la réalisation de l'album mais aussi 5 versions acoustiques de titres présents sur Meds.
Côté live, après les 3 dates françaises qui devraient être assurées à Lyon (Transordeur le 4), Strasbourg (La Laiterie le 5 mars) et Paris (La Cigale le 6), le trio sera en live sur Canal+ le samedi 11 mars à partir de 00h15, suivi d'une interview exclusive où ils reverront les images du live de l'émission Nulle Part Ailleurs en 96 et évoqueront leurs 10 ans de carrière. En Grande-Bretagne, Placebo fera prochainement 5 dates (toutes sold-out) entre le 5 et le 11 avril, et a annoncé sa présence sur divers festivals (Rock im Park, Pink Pop, Rock am Ring, île de Wight, Nova Rock, Interlaken, Werchter, Rockslide, Heineken Festival Gdansk en Pologne et le Paléo). Le reste de la tournée devrait être annoncée d'ici peu.
Enfin, les détails du 2ème disque de l'édition limitée viennent d'être annoncés : on y trouvera le documentaire d'Ewen Bremner qui a suivi Brian & Co. dans le studio d'enregistrement, un livret virtuel avec les lyrics, 3 pistes vidéo (Twenty Years en live à Wembley, If only tonight we could sleep avec The Cure, les backstages du Live 8) et 4 pistes audio (Long Division et des versions démo de In the cold light of morning, I Do et Pierrot the clown).


MEDS ADDICTION
Type
Interview
Date de parution
Non communiquée
Source
Placebflo
Mise en ligne
20 mars 2006
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