Placebo a sauvé sa peau - Le Parisien, 07/04/2009

Revoilà Placebo. Le groupe britannique préféré des ados romantiques, celui qui a trouvé son plus gros public en France où il vend des centaines de milliers d’exemplaires et remplit des Bercy et des Zénith. Depuis « Meds », en 2006, le trio n’avait pas donné de nouvelles. La suite arrive avec « Battle for the Sun », sixième CD, disponible le 8 juin.

Un disque ambitieux où Placebo se renouvelle sans oublier ses fondamentaux : mélancolie, noirceur, androgynie. Une image incarnée par son leader Brian Molko, 36 ans, icône bilingue. Hier après-midi, à peine arrivé à Paris, il nous accordait sa toute première interview. En français.

Est-ce toujours spécial pour vous de revenir en France ?
Brian Molko. On se sent chez nous. C’est assez naturel. C’est le pays qui nous a accueillis à bras ouverts dès le début. On se sent compris ici, peut-être aussi parce qu’on peut vous comprendre. Ayant grandi au Luxembourg, j’ai baigné dans la culture française. J’écoutais RTL et j’entendais Claude François, Téléphone, Indochine.

Vous venez souvent ici ?
Oui. J’étais là en décembre pour des concerts en hommage à Gainsbourg et j’ai commencé à écrire le nouvel album ici, je suis venu avec une guitare, j’ai passé quelques mois incognito. Et quand les gens croient me reconnaître, je parle allemand.

Pourtant, vous avez été photographié avec votre fils à Paris…
C’était très violent pour moi. Si on veut me prendre en photo au bord d’une piscine avec une jolie fille, pas de problème. Mais des clichés avec mon fils, qui n’a rien demandé, dans un magazine de merde, là, j’attaque.

Avez-vous ce genre de problème en Angleterre, où le groupe marche moins bien ?

Non, les médias anglais sont toujours à la recherche de la nouveauté. On est des vieux pour eux, pas du tout à la mode. Ils préfèrent Lily Allen. A Londres, je prends le métro. Les seuls qui m’abordent, ce sont les touristes… français.

Vous avez songé à écrire des chansons dans notre langue ?
Pas vraiment. On a chanté en français (« Protège-moi ») mais c’était une traduction de Virginie Despentes. Ecrire dans cette langue, ce n’est pas naturel pour moi.

Pourquoi ces trois ans de pause ?
On ne s’amusait plus. On n’était plus un groupe, mais trois personnes qui allaient au boulot. Tout commençait à foirer, on ne se parlait plus. Placebo était menacé. Ce n’était pas gagné de continuer. On n’avait plus du tout envie de créer ensemble. On s’est mis à faire des chansons chacun de son côté en ne sachant pas si on allait les utiliser pour le groupe ou pour nous.

Vous sortiez aussi d’un album, « Meds », qui parlait de dépendances, à la drogue, aux médicaments, à l’alcool. En êtes-vous sorti ?
Ce disque était très claustrophobe. On regardait avec un microscope notre malaise. Ça s’est calmé pendant la tournée. Mais l’alcool… c’est toujours compliqué. De jour en jour… L’important c’est de se battre, le titre de l’album « Battle for The Sun » (NDLR : bataille pour le soleil) est vraiment lié à cela. Il y a du progrès mais ce n’est pas parfait. Le côté sombre fait partie de moi, même si je décide de le fuir. Vouloir changer, c’est le début du combat. Le batteur Steve (NDLR : Hewitt) ne voulait pas prendre cette décision. Alors on est restés tous les deux avec Stefan le bassiste (et un nouveau batteur, Steve Forrest) pour que cela redevienne fun et stimulant. Et maintenant, le vrai Placebo est de retour.
Placebo « Battle for the Sun », Sortie le 8 juin. En concert le 4 juillet au festival Main Square à Arras.

Propos recueillis par Emmanuel Marolle


Placebo a sauvé sa peau - Le Parisien, 07/04/2009
Type
Article de presse
Date de parution
Avril 2009
Source
Le Parisien
Mise en ligne
7 avril 2009
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