Reviews du 21 juillet 2006 : Carhaix, France - Placebo Meds Tour
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Reviews du 21 juillet 2006 : Carhaix, France

Par God_Schizo

L’heure fatidique approche. Notre équilibre plus que précaire n’attaque pas notre détermination. Les êtres un poil trop alcoolisés à notre droite non plus. La molkette hystérique à ma gauche ne semble pas hostile, seulement convaincue que le divin nabot qui s’apprête à donner de sa personne lui dira un jour “I do”. À côté d’elle, un homme d’une quarantaine d’années, un peu désabusé. Malgré son T-shirt TRUST un peu délavé il ne dépareille pas tant que ça. Nous sommes en face de la place réservée au géant nordique. Nos jambes se perclusent peu à peu de crampes, dressées depuis déjà plusieurs heures à l’affût de tous ces petits soldats envoyés nous divertir (Shout Out Louds, Hocus Pocus, DeUs...). Mais toute souffrance s’efface sous le râle collégial qui soulève tant de poussière à Carhaix. Ils sont là. Cinq petits bons hommes venus en paix, devant leur miroir grossissant × 10 000, nous.
    Ni une ni deux, “Infra Red” pose les bases d’une grande soirée. Pas de préliminaires ou si peu, “Meds” m’a déjà tuer, l’explosion vocale impose une extase immédiate, et dure à nous étouffer. Brian Molko profite de nos bouches bées pour souhaiter un bon anniversaire au festival des Vieilles Charrues, remercier les bénévoles, et puis nous aussi, le “public français, pour votre support au fil des années”... Un peu démago, m’enfin on prend quand même, moins méfiants qu’à l’habitude, anesthésiés.
    “Drag”, “Space Monkey”, énormes, et nous voilà déjà à “Black-Eyed”. Cependant l’air devient de plus en plus chargé en poussière, beuh et autres douceurs, et je convaincs alors ma copine de reculer un peu (je ne voudrais pas noyer ses 1m50 les bras levés sous une autre une mer de bras). Adieu fioritures, visuelles ou sonores, la note du refrain déchire l’atmosphère au goût salé de transpiration.
    Sur “Post Blue”, un bon retour (encore) de la foule en plein orgasme, de même sur “Song to say Goodbye”, ça pulse. Toujours pros, toujours rock, Placebo a pris un peu de bouteille mais assure. On n’en a jamais douté. Rien ne merde, Steve Hewitt, Alex Lee, Bill Lloyd... Tout le monde se donne à fond.
    Petit moment d’acalmie sur “Follow the Cops Back Home”... Identification du pourcentage élevé des éméchés du lieu ? Décidément, le nouvel opus prend toute sa dimension sur scène, on s’en prend plein les tripes. Je suis aux anges. À ma droite un garçon, quatorze ans maximum, entame “Every You Every Me” en yaourt. Morceau toujours aussi fédérateur. Là, ils pourraient nous faire faire n’importe quoi... *Le bonheur est un placebo*
    Surprise, “Special Needs” fait son entrée. Je n’en espérais pas tant. Sublime. Dès lors, les tubes s’enchaînent “Special K” et la désormais culte chorégraphie de Stefan Olsdal, tout en souplesse. Malgré une guitare désaccordée pour Molko, tous les addicts reconnaissent l’intro ancestrale, et le groupe compense par une interprétation magistrale.
    Et puis, la nouvelle version à tomber par terre de “36 Degrees” nous achève presque, la déshydratation nous guette, nous dégoulinons d’émotions, commotion du cortex sensible. Mais c’était sans compter l’arrivée de “Bitter End”, déboulant à pleine vitesse sur nous, pauvres petits moucherons frappés de tous côtés par la grosse caisse, noyés sous les basses fréquences, étranglés par les cordes vocales... On écoute à peine la présentation légitime des musiciens au milieu de ce déluge providentiel de saturation.


    Voilà l’heure de la pause bien méritée, pour eux comme pour nous, seulement nous ne disposons pas du “Tea & Biscuits” qui ressource. Déjà retentit l’intro tant espérée, je reprend mon souffle pour m’époumonner à mon tour. La reine de la grâce me transcende “If I only could...” à travers la voix du prophète. Je me liquéfie. *Heureux de mourir là*
    Nous touchions le paroxysme du cristallin... Nous effleurons à présent la rage de la jeunesse et ses hormones chaotiques avec un “Nancy Boy” attendu et savouré. Ça sent la fin, et nous en redemandons, nous ne sommes pas rassasiés, jamais. “Twenty Years” finit le boulot, avec le doux frisson qui la caractérise et le dernier cri du cœur pour tous. Le contrat est pleinement rempli, au-delà des espérances.